Les motivations profondes des coureurs à pied différent parfois radicalement. En faisant simple, on distingue deux grandes catégories de coureurs: les "objectifs dépendants" et les "relations dépendants". Chez les premiers, seul l'objectif clairement défini motive. Pour avancer, ils ont besoin de savoir d'où ils partent et vers quel point précis ils se rendent. Ils peinent à s'entraîner sans performance à se mettre sous la dent. Ils bougent pour arriver.
Rien à voir avec les seconds, qui gagnent à penser le chemin plutôt que l'arrivée. Chez eux il convient avant tout d'être juste à chaque pas. On peut aussi dire qu'ils sont du chemin : "ce qui compte c'est de faire un pas, encore un pas".
Avant la course, s'ils se centrent sur la performance à réaliser, ils stressent comme pas deux et se vident de leurs forces avant de démarrer.
Les "objectifs dépendants" se vident à l'identique s'ils savent qu'ils ne peuvent plus atteindre leur objectif ou si on leur dit qu'il convient de bouger pour bouger.
Bien sur, nous sommes un mixte de ces deux tendances, plus"objectif' ou plus "relation". Mais si on ignore la motivation la plus profonde en nous, on risque de s'en mordre les doigts avant et aprés le départ de la course.

Source "Zatopek n°32"